Le Bol d'Air Seilhacois

dans les Lapiaz (du 10/7 au 16/7/2005)

 

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Dimanche 10 août :

13 h 30, nous arrivons au refuge de Labérouat, au dessus de Lescun, après plus de 6 heures de route. Un repas froid préparé la veille et nous sommes prêts à partir pour quelques jours en Montagne. Je suis un peu inquiet, car notre ami Pierre, dont le grand-père est originaire de Lescun nous a dit qu'il fallait bien 5 heures de marche pour  rejoindre La Pierre St Martin, notre campement du soir. Un rapide calcul nous montre qu'il ne faut pas traîner en route. Les sommets sont dans les nuages, ce qui ne me rassure pas plus que cela !

Nous nous retrouvons à cinq, moins que prévu à cause de désistements de dernière minute. Deux d'entre nous n'ont que peu d'expérience de la randonnée en montagne, une personne n'ayant même jamais pratiqué une telle activité. J'ai choisi un parcours qui me semblait plus facile afin d'initier les débutants dont certains nous ont fait faux bond. J'ai donc écarté les Pyrénées centrales qui nous ont parfois réservé bien des surprises. J'ai proposé à mes coéquipiers  les flancs Est ou Ouest de la chaîne à une altitude inférieure à 2200 m. Nous avons choisi l'Ouest et tracé une boucle à partir de Lescun, vers La Pierre St Martin, la vallée de Saint-Engrâce, les gorges de Kakouéta et d'Olhadubi, puis le retour par la HRP côté Espagne avant de finir par le Pic d'Anie. Cela paraissait réalisable par tous, bien que les coins de bivouacs ne nous semblaient pas évidents sur la carte, et les sources en Espagne plutôt rares !

Cette "première" aurait permis à certains de tester leurs capacités et de s'entraîner pour le GR20, envisagé pour 2006. Je me réjouissais d'initier de nouveaux membres du Bol d'Air à la rando en autonomie et de faire découvrir les plaisirs de la montagne. Depuis des années, je n'avais réussi à entraîner que peu de monde avec moi alors que je mourrais d'envie de partager ce que Roger m'avait fait découvrir 10 ans auparavant. De plus, fort du stage m'ayant fait obtenir le Brevet Fédéral au frais de la collectivité, je me sentirais bien ingrat, voire goujat, de ne pas inviter tous les amateurs de notre association à me suivre.
Malheureusement, cette pratique a de moins en moins d'adeptes. Beaucoup refusent de bivouaquer, exigent des refuges 5 étoiles et souvent souhaitent que  leur sac soit porté. C'est très tendance ! Des organisateurs proposent le portage des affaires de refuges en refuges... Très peu pour moi (enfin... pour l'instant...!) (((J'ai même vu lors de petites randos d'une journée, des gens demandant que l'on porte leur petit casse-croûte pour midi !!!!! mais si, je vous assure !!!!)))

Bon cessons d'être médisant pour revenir à nos mo....ntagnes. Nous chargeons. "Charger" n'est pas trop fort. 15 Kgs pour ces dames, 21, 22 et même 28 Kgs pour nous, les hommes ! Plus je choisis du matériel léger, plus mon sac est lourd. C'est extraordinaire ! Il faut dire que j'étrenne mon nouveau "Karrimor", la Rolls des sacs, que je désirais depuis des années. Mais cette fois, mon vieux "Lafuma" étant trop avachi, j'ai investi dans du haut de gamme. Un gros défaut cependant : son poids ! presque 4 Kgs de toiles, sangles et fermetures (la qualité, ça pèse !)  plus une grosse poche d'eau intérieure de 2 litres. Mais comment réduire ce foutu poids ? 
- le minimum de vêtements,
- une tente et sa protection,
- matelas, duvet, poncho.....,
- de quoi assurer de solides petits déjeuners (beurre, confiture, miel, sucre, café, ...),
- une tourte de pain (pas du mien hélas, je n'ai pas eu le temps de chauffer le four à pain avant le départ. Ne me jugez pas prétentieux tout de suite, le pain cuit à l'ancienne se garde beaucoup plus longtemps que le pain industriel)
- pharmacie et petit matériel de secours,
- appareil photo, jumelles, mini-radio, ....

Non, décidément, je ne vois pas quoi enlever. Peut-être la gourde de pastis et la boîte de cacahuètes ??? Mais c'est si bon, le soir avant le dernier repas !

Départ du refuge de Labérouat (alt: 1400 m) à 14 h 00.

En fait, la nourriture est répartie dans tous les sacs. Mes compagnons véhiculent les autres vivres et notamment, les sachets de plats cuisinés que mon amie Ewina (voir topo sur le GR20) a eu la gentillesse de me faire parvenir de Suisse. Impossible de trouver désormais en France les plats préparés (Knorr) que nous avons emportés durant des années. (Réponse des responsables de la marque : pas assez rentable !!!) Donc, si vous voulez des pâtes cuisinées et déshydratées, allez en Belgique ou en Suisse !

En quelques centaines de mètres, les sacs, (neufs pour la plupart) sont réglés et ajustés à nos dos.

 

Nous cheminons sans problème particulier vers la cabane d'Ardinet puis celle du Cap de la Baitch.

 

Le panorama qui s'offre à nous devient intéressant.

 

Le sentier commence à monter sérieusement, mais tout le monde suit sans problème. Cette dernière cabane est habitée. Anes et cochons sont sur le pas de la porte. Un écriteau "vente de fromage" nous fait sourire. Christophe porte plus d'un Kg de Cantal, le fameux cantal corrézien affiné dans le tunnel de Pandrignes. En fait, nous pourrons acheter du fromage local à plusieurs reprises sur ce parcours.

 

Un coup d'oeil sur la carte. Nous repérons le sentier par lequel nous devrons revenir

 

Celui que nous devons prendre part à droite, vers le Pas d'Azun. Ce premier col est à 1873 m, de quoi nous décrasser du voyage en voiture du matin.

Le Pas d'Azun, un passage taillé dans le rocher calcaire.

Cela se corse un peu, mais tout le monde a le sourire. Le paysage change sur ce versant. Des parois rocheuses sont omniprésentes.

Quelques névés subsistent sur cette face Nord.

Il faut parfois mettre les mains pour passer. Nous sommes pourtant sur le GR10.

 

Un passage plus délicat semble nous attendre. Les petits points tracés sur la carte IGN ne sont pas un bon présage. Effectivement quelques centaines de mètres plus loin, le Pas de l'Osque est un peu plus "hard".

Impossible de passer normalement. Les filles posent le sacs afin de ne pas être déséquilibrées et désescaladent la paroi. Nous jetons les bâtons au pied pour nous assurer avec les mains.

Ouf ! personne ne panique, et Chantale, qui découvre la montagne et ses premières difficultés, a parfaitement gardé son sang froid : Respect !

 

Le temps est brumeux et un vent froid s'est levé.
Nous admirons le passage que nous venons d'emprunter depuis le bas.

Nous voici maintenant dans les Lapiaz dont on peut trouver la définition suivante sur le web :

Lapiaz
Ce sont des formations caractéristiques des reliefs karstiques (type de relief affectant les pays calcaires qui est principalement du à la dissolution des roches par les eaux météoritiques (CaCo3 + CO2 +H2O  => 2HCO3- + Ca2+). On distingue des formes souterraines et des formes de surface appelées lapiaz ou lapiez. Le lapiaz est une surface creusée de cannelures ou de rigoles, larges de 1 cm à 1 m, séparées par des lames tranchantes) . L'eau (toujours +/- acide) attaque chimiquement le calcaire et forme des crevasses +/- grandes. C'est idéal pour se casser une jambe au minimum et surtout lorsque il y a de la neige. Dans ce type de relief on trouvera* aussi des dolines, des gouffres (bref le bonheur des spéléos) et des restes d'humains…
A bon entendeur.

Nous cheminons plusieurs kilomètres dans ces curieuses formations , paysage nouveau pour nous, encore jamais rencontré dans nos différents périples pyrénéens.

Mais l'heure tourne, il est 19 h, et toujours pas de lieu de bivouac en vue. Le vent est de plus en plus froid. Nous ressentons sans doute la fatigue du trajet du matin.

Nous arrivons enfin en vue des remontées mécaniques et des pistes de ski de St Martin. Encore un col à franchir et nous sommes en vue du village. Rien à dire (de bien !) C'est aussi laid que toutes les stations de ski en été !

 

Mais où donc mettre les tentes ? Il est 20 h 00. Pas le moindre emplacement en vue et pas le moindre camping. Un panneau nous indique le refuge. En cette saison et à cette heure, il doit être bondé. Nous sommes contraints de nous en approcher.  Effectivement, c'est plein. Le gardien nous propose d'attendre que le repas soit fini et de nous installer dans la salle à manger sur des lits de camps. Sinon, on peut mettre la tente devant le refuge moyennant 5 € par tente. Un regard rapide ; n'ayant de "Hilti" pour enfoncer les piquets, et l'heure avançant, nous choisissons les lits de camps. 
Un petit cabanon en bois devant le bâtiment, nous abrite pour le repas du soir. Une petite gazinière permet de nous éviter de sortir nos réchauds ( 1 € par personne tout de même pour l'utiliser : il n'y a pas de petit profit !)

Après ce savoureux repas durant lequel nous apprécions enfin les pâtes envoyées par Ewina, nous déplions les lits de camp. Inutile d'essayer de prendre une douche, le petit cumulus du refuge est vide depuis un moment déjà. (Nous paierons le tarif plein cependant, je vous rassure !)
Pas assez de place dans la salle à manger pour installer les lits de camps, je me dévoue pour aller dans le cabanon. Christophe m'imite. En fait, ayant une certaine expérience des nuits en refuge, je sais que nous serons plus tranquilles à l'extérieur (vous voulez des précisions ?)

En fait, personne n'a correctement dormi (sauf les tricheurs qui ont avalé un somnifère) A l'intérieur, on a eu droit aux "levers-toilette", ronflements et autres éructations en tout genre. A l'extérieur, nous avons eu un peu froid (un duvet est plus efficace à même le sol que sur un lit de camp, la surface d'échange étant plus importante) et le vent du nord qui s'est levé dans la soirée faisait cogner un porte-clef contre le bardage, mettant en résonance toute la cabane. A 3 h du matin, j'ai enfin le courage de sortir du duvet pour résoudre le problème !

Départ à 8 h 00 du refuge à 1770 m d'altitude.

 

 

Nous distinguons le Pic d'Anie par lequel nous espérons terminer la rando.
Plusieurs voies sont possible pour rejoindre la vallée de Ste-Engrâce. Nous choisissons de suivre le GR10. Direction le Col de la Pierre St-Martin, puis les pâturages du Soum de Lèche. Nous échangeons quelques mots avec les bergers. Ils nous disent que c'est le premier jour où ils ne sont pas dans la brume. Effectivement, la journée s'annonce belle et chaude. 

Une longue et pénible descente va nous faire passer de 1800 m à 550 m d'altitude. Les sacs sont encore lourds et une telle descente est bien plus traumatisante qu'une montée, aussi raide soit-elle.

Mon Karrimor, dont j'étais ravi hier soir encore commence à me lacérer les hanches ; C'est pourtant là qu'il faut transférer le poids afin d'éviter de charger la colonne vertébrale. Les camarades ont l'air d'être satisfait de leur portage.

Un vautour nous frôle, se pose au bord du GR et marche à quelques mètres de randonneurs allant vers l'est. Est-il envoyé par l'office de tourisme ?

La vallée de Ste-Engrâce s'étale à nos pieds. Nous distinguons les entrées des différentes gorges (Ehujarre et Kakoueta au premier plan).

 
 

Arrivée dans la forêt de hêtre, la déclivité augmente. Un abreuvoir presque à sec repose au pied d'un rocher sculté sur place par un berger artiste sans doute.

Le magnifique et frais sentier désescalade des parois rocheuses.

Vers 13 h 00 nous arrivons enfin dans un étroit canyon sans eau qui nous permet de déboucher sous le village de Senta.

Nous profitons d'un coin d'ombre sur un chemin herbeux pour nous refaire une petite santé. Une petite sieste serait même la bienvenue. Mais il faut avancer. Je n'ai aucune idée de l'endroit où on pourra installer la tente.

Didier et moi nous dévouons pour monter au village à la recherche d'une fontaine afin de remplir les gourdes. La serveuse d'un restaurant-refuge nous propose aimablement de prendre l'eau sur la terrasse.

Petite difficulté au départ. En fait le GR10 ne fait plus le tour des gorges de Kakouéta, un passage ayant été emporté par une inondation dans les années 90. Il est toujours tracé sur la carte au 50 000ème, mais pas sur la nouvelle top25. Il suit désormais la route.

Nous persistons à suivre l'ancien tracé, mais il faudra se rendre à l'évidence dans quelques km : L'absence de balisage indiquera que plus aucun passage n'est  possible.
Des pistes forestières non indiquées sur la carte nous obligerons dans un premier temps à user de la boussole et de l'altimètre. Puis, l'une d'elles semble suivre ce qui était l'ancien tracé.

Il fait très chaud. Un filet d'eau le long de la piste sera le bienvenu pour nous rafraîchir.

 
 

L'heure avance. Je ne vois toujours pas comment nous monterons le camp : Tout est boisé, pas le moindre replat en vue ni sur la carte et peu de points d'eau. 


Arrivés vers la Grotte de l'Ours et le Trou Souffleur, nous commençons à rechercher un endroit. Un vieux chemin part sur la droite, et c'est bien le seul endroit où nous pourrons éventuellement installer les deux tentes.
Effectivement, à quelques centaines de mètres, nous repérons deux emplacements propices. Pour l'eau, un petit ruisseau fera l'affaire à 150 m, et, entre les deux tentes, une minuscule rigole traverse le chemin.

On a connu mieux comme terrain d'accueil, mais à cette heure, il ne faut pas faire les difficiles. Il est probable que, d'ici, nous ne trouverions rien d'autre avant des heures . 

Moi, je suis exténué. Karrimor (Karri mord ! ouaf ! ouaf !) me lacère les poignées d'amour à coup de lames de rasoir. Donc, poser le sac est, en cette fin de journée, un soulagement !

Nous sommes à 848 m d'altitude. Nous avons fait en cumulé 1137 m de montée et 1960 m de descente. Pas mal pour un début.

Nous montons les tentes et faisons notre toilette tour à tour dans une cuvette du ruisseau.

Christophe se plaint des pieds : Effectivement, de magnifiques ampoules sont en formation... Hier, il était pourtant très content de ses chaussures neuves.... un petit peu trop neuves, peut-être ???

Chantale n'a pas les mêmes problèmes. Ses chaussures, bien que conseillées par le "Montagnard" sont pourtant bien neuves aussi.

Il fait encore beau et chaud. Seule la vue nous manque pour profiter de cet endroit. Pourtant, à quelques centaines de mètres, nous devons dominer les gorges.

Un petit tour au "Trou Souffleur" : Entrée de gouffre, aménagée par des spéléologues, caractérisée par un violent courant d'air glacial sortant du trou. Par contre, impossible de trouver la Grotte de l'Ours, sans doute à quelques dizaines de mètres de nous d'après la carte !

 
 

Un petit peu d'ingéniosité nous permettra de remplir les gourdes et vaches à eau grâce à ce petit filet d'eau. Les micropures seront indispensables.

Deuxième repas du soir (ouf ! les sacs se déchargent !)  : 

- Un doigt (un auriculaire seulement !) de pastis avec 150 grs de cacahuètes (il faut en garder pour les 7 jours) ;

- Un sachet de potage ; 

- Un plat de ces fameuses pâtes cuisinées et déshydratées (merci Ewina) : un régal ;

- Un dessert (compote ou crème)

Pas trop de moustiques ; c'est une chance.

Nous voilà parés pour la nuit.

Petites réflexions du soir et au lit. En fait, tout en ayant apprécié la fraîcheur des sous-bois, nous nous sentons tous un peu frustrés par la vallée. Nous préférons l'altitude et les vues imprenables. 

Tout le monde a passé une excellente nuit cette fois-ci. Les matelas autogonflants ont été appréciés par tous, y compris par ceux (lesquels ?) qui ont quelques problèmes de dos.

Petit déjeuner (copieux, voire très copieux, merci !) et nous plions. Les tentes sont parfaitement sèches, ce qui ne nous est pas arrivé souvent. Pas la moindre condensation à l'intérieur.

La piste forestière nous semble interminable maintenant. Heureusement, quelques fenêtres s'ouvrent parfois sur les gorges de Kakouhéta. Nous devinons de l'autre côté le sentier qui nous ramènera vers le bas de la vallée après avoir franchi le torrent. Mais je suis de plus en plus convaincu qu'il n'y aura plus de passerelle. Sinon, il y aurait indubitablement un GR de Pays et nous verrions son balisage.

Mais une idée me trotte dans la tête depuis hier. A quoi bon descendre plus bas dans la vallée, le seul intérêt étant de franchir la passerelle en cordes d'Holzaté en supportant des groupes de touristes, un parking étant à 2 pas ? Ne pouvons-nous pas franchir la frontière au Sud de notre position et cheminer sur la HRP en Espagne ? Nous trouverons ailleurs des paysages plus majestueux.

J'explique mon idée à mes amis, tout en repérant une voie possible sur la carte. Un tel changement n'est pas conseillé dans les stages de la FFRP, mais après tout, personne ne nous attend, et pour l'instant, aucun danger n'est envisageable.

L'idée est immédiatement acceptée par tous.

Nous arrivons à la Cayolar de Larrégorry, endroit où nous devions bifurquer pour franchir le torrent. Aucun passage ne semble possible. La modification du parcours semblait donc inévitable.

 

2ème pansement du jour pour les pieds de Christophe, plus taciturne que les jours précédents.

Quant à moi, je sens nettement mes ampoules sur les hanches malgré le sparadrap de prévention. J'essaye de régler le sac pour porter un peu plus sur les épaules. Après tout, les bâtons reprennent un peu du poids du sac.

 

Nous sortons bientôt de la forêt. Un petit coup d'altimètre et de boussole : nous tombons sur le sentier de chèvre indiqué sur la top25.

 
 
 

Cette fois-ci, la vue commence à être intéressante. Nous nous réjouissons de retrouver les hauteurs.

Nous dominons les gorges sans en voir le fond.

 

Nous sommes, quelques instants durant, frôlés par des vautours fauves.

 
 

Un dernier regard sur la vallée basque et nous passons en Espagne par le port de Cortaplana, à 1600 m. Là débutent les gorges qu'il aurait été impossible de franchir plus bas.

Un petit repas (léger à midi) derrière la ligne de crête, à l'abri du vent, le regard porté sur la large vallée basquo-espagnole qui s'étend devant nous, et nous cherchons le chemin qui devrait nous mener au refuge Bélagua.

L'altimètre nous aide à trouver le bon, parmi les innombrables sentiers de chèvres.

Une heure plus tard, nous arrivons au refuge espagnol, en bordure de route. Un très grand refuge, fermé et commençant à se délabrer, avec d'immenses parkings.

 

Nous voilà au moment crucial de la randonnée. Il est 14 h 00. J'aimerais que l'on avance pour passer la frontière au Col d'Anaye, nous ferions le pic d'Anie le lendemain, et nous irions passer quelques jours dans la réserve d'Ossau.

Mais le passage que j'avais repéré sur la carte au 1/50000ème de Randoédition, en fait, une variante de la HRP, n'est pas reporté sur la top25. De plus, coté Espagne, peu d'indications, sinon quelques courbes de niveau, figurent sur la carte. La configuration du terrain semble curieuse, pas la moindre source n'est indiquée avant celles de Marmitou.

Environ 8 km nous séparent de cet endroit, mais en montagne, il ne faut pas se baser sur les distances. Nous n'avons pas trouvé d'eau depuis le départ, et ce n'est pas là que nous en trouverons. Nous décidons de partir cependant

Il nous faut aller plein Est à 1430 m d'altitude. Nous tombons rapidement sur un semblant de balisage qui nous rassure. Il va plein Est, cela semble correspondre à cette HRP.

Nous le suivons donc dans un paysage de plus en plus karstique. Nous montons, descendons, en restant dans une fourchette d'altitude cohérente avec la carte. Par contre, il est de plus en plus difficile de se repérer. Nous cheminons sous des hêtres, les branches nous obligeant parfois à nous baisser pour passer. 

Les balises rouges cèdent la place à des marques jaunes, que j'ai rencontrées autrefois sur d'autres HRP avec Roger. Pas d'inquiétude pour l'instant. Il fait très chaud. Quelques nuages menaçants sont parfois perceptibles, mais l'atmosphère ne semble pas orageuse.

Nous buvons beaucoup. Je conseille d'essayer de moins boire afin de garder de l'eau pour plus tard.

Quelques passages sont si étroits que certains d'entre nous perdrons les vêtements accrochés sur le sac par des épingles à linge (lessive du matin !)

 
 

Il est de plus en plus difficile de se repérer et d'évaluer la distance parcourue.

Nous traversons des dépressions de plus en plus importantes sans qu'il y ait de véritable vallée ouverte. C'est typique de ce type de relief me direz-vous, mais fort déplaisant lorsque l'on cherche à se repérer.

Les balisages jaunes disparaîtront bientôt. Un sentier est encore perceptible, des cairns sont présents un petit peu partout.

 
 

La présence d'un berger et de son troupeau nous rassure un peu. Il est possible que nous approchions du seul endroit indiqué sur la carte : la "casa de Pastores" où une source est peut-être encore active.

Nous continuons.

Les effondrements calcaires se succèdent inexorablement.

 
 

Ce couloir, orienté plein Est devrait être visible sur la carte. Non, malgré l'observation scrupuleuses des lignes de niveau de la zone dans laquelle nous devons être, rien n'est évident.

Nous débouchons de ce dernier couloir à 1880 m. Enfin, la vue d'un sommet : ce ne peut-être que le pic d'Anie !

Malgré le courant d'air glacial présent au col, je sors les cartes. La position du Pic d'Anie ne me plaît guère. 

Il me siérait mieux à 30 ou 40 degrés plus au Nord ! Qui l'a donc déplacé ?

Pas possible ! c'est pourtant bien le pic que l'on a vu hier matin ! En reportant l'azimut sur la carte, cela nous situe entre le pic d'Anie et le col de la Pierre St-Martin, soit 3 km au Nord du chemin sur lequel nous devrions être.
Certes, nous avons tourné maintes fois dans les bosquets de hêtres, mais de là à s'écarter autant de notre route. De plus, nous avons longtemps suivi des balises, et ensuite des cairns... Quel est donc ce mystère ?

Je demande à mes camarades de se reposer un instant à l'abri du vent et essaye de trouver un promontoire rocheux me permettant de trouver d'autres repères. Quelques centaines de mètres plus loin, je n'ai toujours trouvé aucune indication. Je les rejoins. 

 
 

Il se fait tard : 18 h 00. Rien d'accueillant n'est en vue à des heures de marches. Pas la moindre trace d'eau non plus. 

La fatigue se fait ressentir chez tous. Me sentant entièrement responsable de la situation dans laquelle nous sommes, je propose que l'on cherche un abri pour passer la nuit. 

100 m au-dessous du col, au pied d'un éboulis, se présente un emplacement un peu moins hostile que les autres. Nous descendons voir de plus près.

C'est bien pire que la nuit précédente, mais après avoir dégagé des dizaines de pierres, nous réussissons à caser les deux tentes.

Il est 18 h 30, nous sommes à 1805 m. Aujourd'hui, les dénivelées cumulées sont impressionnantes : + 2783 m en montés, et - 1822 m en descente. Cela explique notre fatigue.

Pas de toilette ce soir. Pas de pastis non plus, ni de soupe, ni de pâtes !

Nous calculons nos restes d'eau. A peine plus d'un demi litre par personne. Sur les conseils de Didier, nous garderons 25 cl pour le petit déjeuner du lendemain.
Ce soir, régime : 2 barres et une compote pour avoir un peu de liquide.

Bon ! la situation n'est pas dramatique non plus, n'exagérons rien ! Mais rien qu'à penser au manque d'eau, cela nous donne soif.

Nous philosophons un peu sur l'eau dans le monde, le gaspillage, la pollution,... puis, nous regagnons nos duvets pour une nuit ventée et peu propice au sommeil.

Je scrute longtemps la carte sous ma tente. Une seule explication plausible me vient à l'esprit. S'il ne s'agissait pas du Pic d'Anie, mais d'un de ces sommets à 2400 m, situés plus au Sud ? Nous serions alors sur le bon chemin !

Je me culpabilise d'être incapable de résoudre formellement ce problème. Que penseraient les formateurs du centre de Goulier qui avaient osé me classer major du stage de Brevet fédéral ? Surtout ne pas leur dire si l'on s'en sort.

Je me félicite par contre du comportement du groupe. Personne ne s'affole ni ne perd son sang-froid. Didier, que j'ai déjà conduit hors sentier et dans le brouillard semble me faire une confiance aveugle (ou alors, il cache bien son jeu !) et cette confiance paraît avoir été communiquée à tout le groupe. C'est très réconfortant et cela permet de réfléchir en toute quiétude.

 

 

Mercredi 13 juillet : 6 h 00.

Nous avons tous peu dormi (sauf les tricheurs que je ne nommerai pas...)

Les affaires rangées, et avant de prendre la barre du matin (toujours les restrictions...), je pars sans sac aux alentours, à la recherche de quelque indication : traces, cairn, balise, cabane... Un peu plus haut, des sentiers semblent se dessiner sur les pierriers, un abri a été construit le long de la falaise, preuve d'un passage fréquenté.

Si nous sommes où nous devrions être, il nous faut continuer par là, plein Est. Une bifurcation vers le Sud nous conduirait vers des lieux encore plus éloignés de notre cap.

Si nous sommes là où la triangulation à partir d'Anie nous le fait penser, se déplacer vers l'Est nous fera rejoindre une autre variante de la HRP reliant La Pierre St-Martin au Pic. C'est donc la seule direction envisageable. Avec un peu de chance, nous pourrons peut-être faire le pic en milieu de journée et retrouver des vallées plus accueillantes.

La proposition est acceptée par tous sans aucune objection. Je n'en reviens toujours pas de la confiance qui m'est ainsi accordée.

Par contre, lorsque j'évoque mon hypothèse de la nuit, Christophe nous rétorque : "C'est bien l'Anie, je reconnais bien son casque". Effectivement, les photos numériques prises deux jours avant lui donnent raison. J'abandonne donc mon hypothèse, trop vite sans doute.

Les tentes rangées sur les sacs, nous partons.

 

La soif se fait de plus en plus ressentir. Nous en sommes à tremper les lèvres sur les gourdes. Je garde un litre au fond du sac pour des besoins extrêmes. Inutile de dire que nous n'urinons plus depuis la veille. Nous sommes dans une première phase de déshydratation dont la fatigue est un premier symptôme.

Effondrement calcaire après effondrement calcaire, nous passons à 1900, puis 2000 m. Difficile de se fier aux cairns : nous en trouvons un peu partout.

Nous essayons de rejoindre ce qui nous semble être un col. Si la position calculée hier est la bonne, nous devrions y rencontrer la HRP venant de St Martin, sinon ???

 

Dans ce paysage inhospitalier, nous rencontrons de part et d'autre quelques  massifs de fleurs des montagnes minuscules, aux couleurs vives...

Mais où trouvent-elles de l'eau ?

 

Magnifique !

Nous poursuivons. Cela monte de plus en plus. Notre regard est attiré par des chutes de pierres. A quelques centaines de mètres, un troupeau d'isards désescaladent une paroi qui nous semble à pic, faisant se détacher au passage quelques rochers. Leur agilité nous impressionne.

 

 

Plus haut, nous sommes en vue d'un névé. C'est une aubaine ! nous bifurquons pour le rejoindre.

Nous avons la même idée : faire fondre la neige pour récupérer l'eau. Didier n'est pas enchanté de la solution, mais nous avons trop soif.

 

Une fois fondue, nous filtrons l'eau avec du sopalin, et ajoutons des micropurs. Seules subsisteront les traces de pluies acides et autres pollutions atmosphériques...

 

Nous buvons toutes nos réserves en attendant que les cachets agissent.

 

 
 

Cela nous a bien pris une heure.

Nous apercevons des groupes sur le pic d'Anie. "Le car du Chandou a du arriver" aurait dit ... quelqu'un du club !
(Seuls les Corréziens, les vrais, ceux de la région de Tulle, peuvent comprendre...)

Le sommet nous semble de plus en plus à notre portée. Avec un peu de chance, nous pourrons le gravir avant le déjeuner. 

Me retournant, je crois reconnaître le pic d'Orhy au loin. Tiens ! un repère. Je sors la carte et prends l'azimut. Curieusement, le tracé me ramène à l'endroit que nous devions effectivement emprunter. Bon, j'ai dû me tromper... Je range et poursuis.

 

 

Des traces provenant de la gauche nous confortent dans l'idée que nous avons rejoint la HRP venant de France. 

Nous suivons donc les nouveaux cairns en direction du Pic.

 

 

Il nous faut gravir une paroi avec les mains. Cela semble un peu délicat, mais cela doit nous faire gagner du temps.

Tout le monde suit. Isabelle, qui a tenté le Mont blanc, n'est pas impressionnée. Nous rassurons Chantale qui effectue là une première. Elle ne s'affole pas et suit scrupuleusement nos conseils.

 

30 à 40 mn plus tard, nous arrivons à un replat rocheux, parsemé de crevasses, d'où le panorama est splendide.  
 

Encore un peu hostile peut-être ?

Au loin, le Pic du midi d'Ossau... 

Ouf ! on respire !

 

Un dernier regard et nous poursuivons en direction du Pic.
Magnifique ! non ?
Encore quelques crevasses à franchir et 300 m à monter...  
 

Les nuages arrivent rapidement. Il vaut peut-être mieux gravir le Pic avant de prendre un petit casse-croûte ?

Nous cachons les sacs à l'abri sous des rochers pour grimper plus légers. Peu de risque pourtant. Qui prendrait des sacs de 20 Kg et plus, ici ?

Un couple nous suit depuis la paroi verticale. Cela semble être de vrais montagnards, donc aucune crainte à avoir. 

Nous gravissons jusqu'à ce qui nous semblait être l'arrivée du sentier depuis Lescun. Pas de sentier ! Curieux ! la carte indique le sentier dans cette position, puis il fait le tour du Pic d'Anie par l'Ouest et le Sud Ouest.

Ici, il n'y a qu'une arête assez dangereuse pour rejoindre le sommet. Un petit départ vers l'Ouest ne conduit qu'à une cheminée très verticale. Une trace de passage part plein Sud Est. Le groupe se repose et je tente le passage.  Les prises sont solides, mais sous mes pieds, des dizaines de mètres de vide peuvent impressionner les débutants. Je rejoins pourtant assez facilement un grand sentier provenant du Sud, sur lequel, il y a du monde. Mais son orientation m'étonne. Je suis très près du sommet. Je retourne présenter la situation à mes coéquipiers.

Nous décidons de jouer la prudence et de renoncer. 

Nous revenons aux sacs, prenons notre repas, buvons l'eau de neige et repartons.

Il nous faut remonter à ce semblant de col et descendre dans un éboulis que je juge bien plus dangereux que le passage que j'ai emprunté seul juste avant. Mais l'impression n'est pas la même.

 
 

Nous descendons  donc, certains avec des difficultés, pour rejoindre par l'Ouest le grand sentier que j'avais aperçu.

Nous sommes rattrapés par le couple qui nous suivait dans la paroi. Un homme d'âge mur, le pied agile, une jeune femme un peu plus hésitante.

Il nous demande notre itinéraire. Je lui réponds, en plaisantant : "Nous ne savons pas d'où nous venons, et nous ne savons pas où nous allons, nous venons de renoncer au Pic d'Anie..."

- "Je ne sais pas d'où vous venez, répond-il, mais ce que je peux vous dire c'est que vous êtes au Pic des Trois Rois ! "

Mes compagnons essayeront longtemps de me décrire la tête que je fis alors, réalisant soudain l'erreur que avons commise.

N'écoutant plus la conversation, je comprends que mon hypothèse du matin était la bonne. Tout colle désormais. L'orientation du Pic par rapport à notre chemin, la direction du Pic d'Orhy, le petit lac aperçu du promontoire, que nous aurions dû entrevoir lors de la montée du premier jour et qui n'est autre que le Lac de Lhurs, le sentier d'accès au Pic qui ne correspondait pas à la carte...

Mais comment n'ai-je pas pu réaliser cela plus tôt ?

Je me traite de tous les noms avant de renouer le dialogue avec nos interlocuteurs.

 

 

Ils venaient de Marmitou, où ils avaient campé et où l'eau était abondante. 

Comment rejoindre cet endroit. Il nous faudrait retourner, regravir l'éboulis, descendre la paroi abrupte... Monter avec nos lourdes charges est une chose, descendre en est une autre. Je me souviens d'une mésaventure passée sur le GR20 : Ayant escaladé seul avec mon sac la Punta Minuta, par une cheminée, je me suis retrouvé bien embarrassé par mon sac pour redescendre.

Non : Cherchons une autre solution. L'idéal serait de rattraper le cirque de Lescun par Pédain ou Ansabère. Il y a des cabanes de berger, donc de l'eau sans doute. C'est ce que vont essayer de faire nos amis qui se dirigent vers la cabane d'Ansabère. Ils pensent quitter le sentier qui part vers un parking espagnol au Sud Ouest pour franchir un col à l'Est. Mais le passage est-il possible ?

 

A partir du Col d'Esqueste, la carte française nous indique des lignes de niveau se touchant toutes. Ce n'est pas bon signe ! Mais il y a peut-être un passage ?

Nous repartons. Je me maudis de ne pas avoir fait preuve de plus de discernement. Pourquoi me suis-je laissé influencer ce matin par la remarque sur le "casque" du Pic d'Anie ? 
Un "vrai" guide n'aurait jamais fait cette erreur. Quelle leçon d'humilité ! Il me faudra rester plus modeste quant à mes facultés à m'orienter.

Je réalise par ailleurs notre chance d'avoir eu un temps aussi sec. Comment aurait-on fait pour passer sous la pluie avec des panchos ?

 

 

Nous rejoignons le col d'Esqueste, quelques centaines de mètres après le couple. Le passage existe, mais la descente est périlleuse. 

500 m de dénivelée dans un éboulis de petits cailloux. A chaque pas, nous déplaçons les pierres sur 50 cm. Au bout d'un moment, on s'habitue, cela rappelle un peu le ski dans la poudreuse, mais cela est fatiguant. 

 

 

Les filles éprouvent quelques difficultés. Isabelle s'entête à garder son sac et à descendre seule à son rythme. Chantale accepte de poser son sac. Nous nous relayons pour le porter, mais en le posant au sol, celui-ci décide de prendre sa liberté. Nous le retrouverons quelques centaines de mètres plus bas, sans aucun dégât : Chapeau Lowe Alpine ! C'est toujours cela de moins à descendre !

Nous sortons la corde pour assurer Chantale. Plus de temps que prévu pour arriver en bas, mais l'essentiel, c'est d'arriver entier !

 

 

La cabane de Pédain est en vue en contre bas, mais un bruit agréable attire notre attention : un écoulement d'eau !
Vous ne pouvez pas savoir comme dans certains moments il est jouissif d'entendre certains bruits. Voilà 48 heures que nous n'avons ni vu, ni entendu d'eau. Ce n'est pas un mirage. Il y a bien une source au dessus de nous, une vraie ! En contrebas, deux petites taches vertes attirent notre attention. Il y a peut-être possibilité de dresser le camps. La cabane de Pédain semble habitée par un berger et un troupeau de moutons l'entoure. Cela sera difficile de camper. Il serait préférable de rester  ici.

Arrivés à la tache verte, nous faisons un peu la grimace : Cela est à peu près plat, mais jonché de crottes de moutons. Impossible de faire autrement : Il nous faut balayer tout cela et s'installer (je vois déjà Roger esquisser un large sourire...)

Altitude 1718 m : dénivelées cumulées : 3179 m en montée (et oui ! tout de même !), 3264 m de descente : de quoi bien dormir cette nuit !

Je pars le premier à la source (de Burco) : presque 200 m à gravir avant d'arriver à ce trésor de la nature. Cette eau-là se mérite, mes camarades pourront vous le confirmer. Ils graviront la pente à leur tour pour faire le plein.

Par ailleurs, mis à part les odeurs (de "vouilles" comme l'on dit en Corrèze), ce campement est des plus agréables. Des petits murets, des bancs et tables de pierres sont harmonieusement disposés de façon à s'installer confortablement. 

Une confidence : ce soir, on a droit au pastis.... (chutttttt...) et à la soupe, et aux pâtes, et.... : un vrai festin !

 

 

 
 

Jeudi 14 juillet :

La nuit aura été réparatrice. Pour la troisième fois, la tente est parfaitement sèche au départ. Inutile de la ressortir aux premières chaleurs du jour pour la faire sécher.

 

Un copieux petit déjeuner et nous partons, pas très tôt, vers 8 h 00. Mais la vallée est proche et il est possible de rejoindre Lescun assez rapidement.

Nous admirons le lever du soleil sur les aiguilles d'Ansabère.

Cent mètres après le campement, nous découvrons une autre source en bordure de chemin : Que d'efforts inutiles hier soir, mais, on ne pouvait pas savoir.

Un champ d'iris se présente devant nous.  
 Nous arrivons à la cabane. Nous admirerons un moment le chien du berger, conduisant les brebis à la traite, une par une, à chaque signe de son maître : remarquable !
 
 Plus bas, nous croisons des chevaux, et des randonneurs du jour se dirigeant vers la vallée d'Ansabère.

 Un coin magnifique s'offre à nous. Qu'importe les nombreux marcheurs quittant le parking ? Nous profitons du ruisseau pour faire toilette et lessive. (Je ne montrerai pas les autres photos..., ou alors, il faut payer !!!)

Le cadre est sympathique, n'est-ce pas ? 
Un peu d'eau froide calmera peut-être un genou un peu douloureux... 
 On ne s'en lasse pas...
 Quand je vous disais que mon sac m'avait mordu !
Et nous voilà de retour à la civilisation. 

Les quelques kilomètres de route en pleine chaleur sur le bitume nous paraîtrons interminables.

Nous utiliserons encore un peu boussole et altimètre pour couper à travers bois afin de rejoindre le refuge de Labérouat  en passant par le plateau de Sanchèse, mais la routine, seulement la routine...

Petite journée : seulement 1380 m de montée cumulée et 1681 m de descente !

Tout le monde est ravi. Nous nous avouerons plus tard avoir craint une rando classique, sans intérêt particulier. Cela n'a pas été le cas et les deux journées passées dans le massif karstique resterons longtemps dans nos mémoires.

Le comportement de tous a été remarquable ; nous admirons particulièrement Chantale qui a effectué cette boucle avec une belle aisance, sans entraînement ni préparation particulière. Christophe a longuement combattu avec ses chaussures. Il devrait emporter le combat dans quelques dizaines de kilomètres. Didier et Isabelle font à présent partie des vieux montagnards, s'accommodant de toute situation. Quant à votre serviteur (selon l'expression uniquement !), il lui est toujours aussi difficile de quitter les Pyrénées.

Le lendemain, un petit tour (5 heures) pour redécouvrir le chemin de la mature à partir du Fort du Portalet, toujours aussi remarquable bien sûr. Qu'il est tentant de poursuivre en direction de la réserve d'Ossau...
Vue sur le Pic Rouge. 
La sieste avant de reprendre la route !

 

                                      Chuuuttttt ....

 

A bientôt.                         

 

Pierre 

 

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